Ernest RENAN (1823-1892)
Philosophe, Linguiste, Historien des religions .
Né à Tréguier le 27 février 1823, Ernest Renan est destiné dès l'enfance à la prêtrise et après de brillantes études au petit séminaire de sa ville natale, jusqu'en classe de troisième, il est appelé par Mgr. Dupanloup aux séminaires de Paris ( St. Nicolas du Chardonnet, Issy et Saint Sulpice) où il se distingue par son intelligence et sa puissance de travail. Mais à l'heure de prononcer ses voeux, il renonce au sacerdoce, à l'âge de 20 ans, travaillé par une profonde crise religieuse, qu'il relatera dans ses " Souvenirs d'enfance et de jeunesse", ouvrage publié en 1883.
Dès lors, il n'aura de cesse de gravir tous les échelons de la hiérarchie universitaire (agrégation, doctorat, membre de l'institut à 38 ans) , pour enfin accéder, après une carrière fulgurante, au Collège de France, à la chaire d' hébreu. Mais il est rapidement suspendu de ses fonctions, puis définitivement démis , après son premier cours où refusant la divinité du Christ, il présente Jésus comme " un homme incomparable". Son rationalisme l'emporte alors sur son romantisme originel.
Quand paraît "Vie de Jésus" en 1863, suite à de nombreuse missions au Moyen-Orient, en Phénicie en particulier(1860-1861), premier volume de sa monumentale "Histoire des origines du chritianisme", le scandale est immense, de portée universelle et le succès de l'ouvrage exceptionnel. Il retrouve sa chaire en 1870 , après la chute du second empire, dispensant ses cours à nouveau, poursuivant ses travaux et recherches, émaillés de publications importantes( "Qu'est-ce qu'une nation?"), étendant son influence en Europe et dans le monde entier, jusqu'à devenir le maître à penser de toute une génération.
De 1885 à 1892, il passe ses vacances dans sa résidence d'été à Rosmapamon, à Louannec , près de Tréguier, s'attelant à la composition de "L'Histoire du peuple d'Israel", en cinq volumes, une de ses oeuvres les plus magistrales.
Couvert de gloire et d'honneur, administrateur du Collège de France,académicien, épousant sur le tard les idées républicaines, il meurt à son poste , au Collège de France, le 2 octobre 1892.
Sa statue commémorative fut inaugurée à Tréguier, le 13 septembre 1903, dans une atmosphère d'émeute, les catholiques n'acceptant pas qu'elle fût érigée face à la cathédrale. En réparation de l'outrage subi, ses adversaires dressèrent l'année suivante, le 19 mai 1904, sur les quais de Tréguier, le calvaire de la réparation ou de la protestation.
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