Anatole Le Braz (1859-1926)
S'il est difficile de passer à Tréguier sans penser à Renan, il est non moins difficile pour certains, de ne pas rappeler qu'au Bois de l'Evêché reposent les cendres du grand littérateur breton que fut Anatole Le Braz .Gravée sur le frontispice de la stèle en granit bleu du monument funéraire que l'on doit à Armel Beaufils, son épitaphe rappelle à travers un éclairant raccourci , son cheminement en sa terre de Bretagne et qui le vit passer d'Armor en Argoat , lui le " fils des monts adopté par la mer" comme un pélerin cherchant l'âme profonde de son vieux pays.
D'Argoat en Armor, Anatole le Braz n 'eut en effet de cesse de parcourir sa province natale et si la Bretagne lui sera si redevable, c'est qu'il entretiendra avec elle, sa vie durant, une relation d'une rare fidélité et d'une richesse exemplaire.
Fils des monts , il le fut dès l'origine puisque né à Duault en Saint-Servais au coeur de l'Argoat en 1859 , avant que les affectations successives de son père instituteur public ne le rapprochent peu à peu de la mer , où il finira à son tour par séjourner en période estivale dans sa résidence de Port-Blanc en Penvénan.
Lycéen à Saint-Brieuc, puis étudiant à Paris, il rentre dans la carrière professorale à Etampes d'abord, puis à Quimper ensuite en 1886, pour devenir Professeur de Littérature française à la Faculté de lettres de Rennes en 1904, consacrant dès lors sa vie à l'enseignement , la recherche et l'écriture.
Foncièrement attaché à ses racines et à son identité bretonne, son oeuvre sera le fidèle reflet de cet attachement, à travers ses contes , ses recueils poétiques ou encore ses romans tels que :"Au pays des Pardons"(1894), " Pâques d'Islande" (1897), " Le Gardien du feu" (1900), " La Terre du passé" ( 1902).
Reste que son oeuvre maîtresse demeure à coup sûr, cette étonnante et mystérieuse "Légende de la mort en Basse Bretagne" publiée pour la première fois en 1893, fruit de longues recherches entamées d'abord avec Luzel , puis plus tard avec des collectrices comme Lise Bellec, pour retrouver dans la mémoire enfouie des bretons, leurs rapports profonds et mystérieux avec la mort.
Mais son intérêt presqu' exclusif pour sa petite patrie ne le dispensera pas de s'ouvrir et en particulier à cette terre d' Amérique qu'il visitera à plusieurs reprises, alternant rencontres et conférences en véritable ambassadeur de la littérature et du génie français.
Retiré à la fin de sa vie à Menton , avec sa troisième épouse Mary Luncida Davison d'origine américaine, Anatole Le Braz décède le 20 mars 1926 et ses cendres seront selon ses voeux transférées à Tréguier et ce le 8 juillet 1928 dans le Bois de l'Evéché, désormais baptisé aussi "Bois du Poète".
|